Archive de la catégorie ‘Publications’

Les livres turcs et sur la Turquie de la rentrée littéraire

Jeudi 27 août 2009

La rentrée littéraire se place aussi sous le signe de la Turquie. Plusieurs ouvrages d’auteurs turcs traduits ou crits en français et d’ouvrages sur la Turquie sont au programme de cette rentrée littéraire.

« Une saison de solitude », de Zülfü Livaneli (Gallimard, juillet)

« Lait noir »d’Elif Şafak (Roman, éditions Phébus, août 2009)

« Le Samovar » de Sait Faik (Nouvelle, éditions Bleu Autour, septembre)

« Pensionnaire d’Etat » de Füruzan (Nouvelle, éditions Bleu Autour, septembre)

« Suites byzantines » de Rosie Pinhas Delpuech(Roman, éditions Bleu Autour, septembre)

« Turcophobies, turcophilies » de Jean-Michel Belorgey (Essai, éditions Bleu Autour, septembre)

« Les ombres disparues » de Hasan Ali Toptaş (Roman, éditions Plon, septembre)

« Un rêve de Beyoglu » de Demir Özlü,(Nouvelle, éditions Pétra, septembre)

« Les filles d’Allah » de Nedim Gürsel, (Roman, éditions Seuil, octobre)

« D’autres couleurs » d’Orhan Pamuk (Essai, éditions Gallimard, octobre)

« Oiseaux des bois » d’Asli Erdoğan (Nouvelle, éditions Actes Sud, novembre)

« La moustache », de Tahsin Yücel (Roman, éditions Actes Sud, novembre)

« Istanbul », Ouvrage collectif, (éditions Robert Laffont, collection Bouquins, novembre)

« Anthologie du Théâtre turc », (Editions l’Espace d’un instant, novembre)

EUROPE « Oui à la Turquie », Michel Rocard par Joël le Deroff, in  » Esprits Critiques »

Mercredi 26 novembre 2008

Voici un article par un ami, Joël Le Deroff sur le livre de Michel Rocard « Oui à la Turquie » dont je vous avais parlé dans un précédent billet.  

EUROPE    »OUI À LA TURQUIE », Michel Rocard (collaboration d’Ariane Bonzon) Editions Hachette

Littératures,  septembre 2008   :     PAR JOËL LE DEROFF in   » Esprits Critiques » :  R e g a r d s   s u r   l e  s o c i a l i s m e numéro 87 – 19 novembre 2008 – pages 19 et 20

« Oui à la Turquie ».

La position est celle de la majorité dessocialistes européens, de Berlin à Madrid et de Londres à Athènes, à la condition que ce grand pays candidat respecte les fameux critères de Copenhague sur la démocratie et les droits fondamentaux et qu’il intègre l’ensemble de l’acquis communautaire – la législation en vigueur dans l’Union. Michel Rocard, dans un ouvrage à la fois complet et synthétique, rappelle efficacement sur quels fondements repose cette position, pourquoi il ne faut pas la confondre avec un appel à une adhésion immédiate, et surtout pourquoi il faut sans tarder offrir une perspective claire à Ankara. Pour dire enfin si les négociations d’adhésion, repoussées depuis des décennies, promises en 1999, engagées en 2005, en sont vraiment. L’Europe a-t-elle une parole ? L’ancien Premier ministre aborde ce faisant une question existentielle, à laquelle il faisait déjà allusion dans Peut-on réformer la France ?1.

Sa position sur la Turquie s’est forgée en lien avec son jugement sur la nature de l’Union. Et celle-ci a bien évolué. Il faut donc lire Oui à la Turquie comme un appel à proposer et à décider sur la base de la réalité de l’Union en 2008, et non en fonction de celle que nous rêvions il y a vingt ou trente ans. Un réalisme peut-être douloureux pour les fédéralistes, mais les plus belles utopies ne se construisent pas dans le déni du présent.

L’adhésion turque : analyse des données

La question de l’adhésion turque, c’est pour d’abord une série de données objectives, en premier lieu des données économiques. L’économie turque est en forte croissance, elle représente un marché de plus de 70 millions d’habitants jeunes, même si la transition démographique a ramené le nombre d’enfants par femme au dessous de 2,5. Les échanges de la Turquie se font en majorité avec l’Union européenne. Cette puissance économique dispose de surcroît d’une certaine solidité. Michel Rocard rappelle qu’elle s’est relevée en une année de sa brutale récession de 2001 et que son PIB par habitants est égal, voire légèrement supérieur, à celui des derniers Etats entrés dans l’Union (Bulgarie et Roumanie).

Si l’intégration de l’acquis communautaire demande bien des efforts, il est clair que l’économie n’est pas un handicap à l’adhésion. Les considérations géopolitiques sur l’intérêt d’intégrer un grand pays musulman dans une Union qui compte elle-même des millions de citoyens musulmans, et sur l’intérêt de consolider les aspirations historiques de la Turquie vers l’Europe plutôt que de favoriser un repli par défaut sur l’Asie centrale et les valeurs religieuses conservatrices, tiennent une place dans l’argumentaire. De même que le positionnement d’un pays proche-oriental capable de condamner la politique israélienne envers les Palestiniens tout en maintenant une coopération économique et militaire poussée avec l’Etat hébreu.

Mais, l’adhésion se décidera et sera un processus décisif pour le futur de la Turquie sur les questions de démocratisation et de respect de l’Etat de droit. Michel Rocard rappelle l’ensemble des réformes déjà effectuées par paquets législatifs : place de l’armée, réformes de la justice, statut des partis politiques, suppression de la peine de mort, enseignement des langues minoritaires, rôle et composition du célèbre Conseil national de sécurité (MGK). Il montre également que le changement des mentalités est parfois plus lent que celui des textes. Ainsi pour la magistrature.

Au coeur de ces questions cruciales, trois problématiques historiques cristallisent l’attention et illustrent les crispations de tous les acteurs : la question du Kurdistan et des Kurdes (qui ne vivent pas qu’au Kurdistan), le tabou arménien (et les questions connexes de la place des minorités religieuses et de l’identité plurielle du pays) et le règlement complexe du sort de Chypre et de l’entité politique turque du nord de l’île après le « non » des Chypriotes grecs au plan Annan en 2004. Pour avancer et trouver des solutions, il est bien sûr souhaitable de poser des préalables à l’adhésion. Mais il serait ravageur de prétendre obtenir un règlement de tous ces points si, dans le même temps, l’Union européenne ne reconnaissait pas fermement la vocation de la Turquie à adhérer au terme des négociations. Un terme que Michel Rocard propose de fixer en 2023. Dans un ouvrage récent, Salomé Zourabichvili, diplomate française et femme politique géorgienne2, ne dit pas autre chose en demandant de clarifier la position de l’Union.

Ce que la question de la Turquie nous dit de notre Union

Les chapitres VIII et IX de Oui à la Turquie sont d’une importance particulière, et pourraient constituer à eux seuls le fondement d’un ouvrage distinct : « la fin du rêve fédéral » ; « la nouvelle identité européenne ». Si, dans ses considérations sur l’avenir commun de la Turquie et de l’Union, Michel Rocard n’évoque pas l’argument du risque de dilution de notre projet d’intégration politique, et ne présente que pour la récuser l’alternative entre élargissement et approfondissement, il y a une raison. Tout en indiquant avoir fait ce constat seulement a posteriori, il considère que le tournant a été pris avec l’acceptation du Royaume- Uni, en 1972. Chacun appréciera, mais on ne peut nier à cet ouvrage une qualité rare : s’extrayant de la perspective fédéraliste à la française, il tente de prendre en compte ce que peuvent être les aspirations, également légitimes, qui ont cours dans les autres Etats membres. C’est ouvrir la piste d’une réflexion qui mériterait qu’on s’y plonge plus régulièrement, d’autant plus que dans chaque pays peuvent coexister plusieurs courants de pensée concernant la construction européenne (il existe d’ailleurs bien une tradition souverainiste française).

« L’Europe fédérale, donc politique, est morte en 1972. Nous n’en sortirons plus en tout cas pour le demi-siècle à venir ». Pourtant, pas de résignation, car la Communauté européenne, quel succès : la stabilisation démocratique d’un continent entier, le partage de règles communes pour l’organisation de l’économie, des marchés et de la protection des consommateurs, l’exigence partagée de respect des droits humains et de la démocratie. Certes, pas « d’Europe puissance » au sens initial du concept en France, et qui n’était pas même partagé, sur nombre de sujets comme la défense, par les autres membres fondateurs de l’Europe des six. La démarche européenne paraît-elle dès lors plus limitée et parcellaire que ce dont nombre d’entre nous rêvions ? C’est possible. Pourtant, même sans « nouvelle nation fédérale », il reste l’acquis d’une communauté démocratique transnationale et d’institutions supra-nationales, et cela est précieux. Au point qu’il est permis de souhaiter étendre ce modèle.

1. Voir « Esprit critique » n° 75, janvier 2007. Disponible sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.

2. Les cicatrices des Nations. L’Europe malade de ses frontières, Bourin éditeur, 2008.

(Lien de la page en pdf: http://www.jean-jaures.org/NL/EC87/EC87.pdf )

Turquie Européenne : arrêt de la publication

Jeudi 30 octobre 2008

Information de dernière minute : le site internet fort utile de Turquie européenne cesse pour « une période indeterminée » ses publications et nous le regrettons. Faîtes un tour sur leur site pur en savoir plus :

http://www.turquieeuropeenne.eu/article3011.html

 

Parution de l’essai de Michel Rocard « Oui à la Turquie », Collection Tapage.

Mardi 30 septembre 2008

Le 3 septembre est sorti le nouvel ouvrage de Michel Rocard, « Oui à la Turquie », Collection Tapage, Hachette Littérature. Un blog autour du livre existe:

 http://www.ouialaturquie.fr/

Bonne lecture,

 Nassira

Parution : Nicolas Monceau, « Générations démocrates : les élites turques au pouvoir »

Jeudi 28 février 2008

Nicolas Monceau publie chez Dalloz (Science politique), « Générations démocrates, les élites turques au pouvoir ». Cet ouvrage est  issu de la thèse en Science politique qu’il a soutenue au sein du Laboratoire PACTE de l’Institut d’Etudes politiques de Grenoble et qui a reçu le Premier Prix Dalloz des thèses. Son essai présente les résultats de la première enquête réalisée par un laboratoire européen en sciences sociales sur la vie politique turque contemporaine dans le contexte des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Il rend compte des diverses trajectoires des élites turques et leur intérêt dans la démocratisation et dans l’intégration à l’Union Européenne.  Docteur en Science politique, Nicolas Monceau enseigne à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble et anime le Groupe d’études sur la Turquie et l’Europe du laboratoire PACTE (CNRS, IEP de Grenoble).

Nicolas Monceau, « Générations démocartes, les élites turques au pouvoir« , Collection Nouvelle Bibliothèque Théses, Edition Dalloz, novembre 2007, 615 pages.

Bulletin « Chronique internationale » de l’IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales)

Mardi 26 février 2008

L’IRES sur son internet www.ires-fr.org met à disposition trois articles sur l’évolution économique et sociale en Turquie écrits par Ayfer Karayel, chercheur associé à l’Université Galatasaray d’Istanbul et Antoine Math, chercheur à l’IRES.  Je vous les mets à disposition ici :

Ayfer Karayel et Antoine Math: « Le système de retraite en Turquie: vers un processus de réformes sans fin? « , n°108, septembre 2007. Bulletin c1083turquiele20systeme20des20retraites20en20turquie.pdf

Antoine Math: « La perspective d’un nouvel âge pour les retraites et les fins de carrière en Turquie », n° 109, novembre 2007 pdf dans Publications c1083turquiele20systeme20des20retraites20en20turquie.pdf

Ayfer Karayel et Antoine Math, « Le salaire minimum turc en débat », n°103, novembre 2006: pdf c1083turquiele20systeme20des20retraites20en20turquie.pdf